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La CowParade est une exposition d’art public. Des artistes y décorent des vaches grandeur nature, puis ces sculptures sont installées dans les rues d’une ville.

Qu’est-ce que la Cow Parade ?

La Cow Parade fait sortir l’art des musées et des galeries pour l’installer en plein air. Le support est une vache grandeur nature. Chaque participant en fait une œuvre unique, et ces œuvres sont ensuite exposées dans la ville.

Une exposition d’art dans la ville

Le principe tient en une image : un troupeau d’œuvres installé dans l’espace public. Les passants découvrent les créations au fil de leurs trajets, sans billet ni salle d’exposition. Les lieux d’installation varient :

  • Les rues et les places : les sculptures s’installent sur le chemin des promeneurs.
  • Les jardins et les parcs : les espaces verts accueillent une partie du parcours.
  • Un calendrier propre à chaque édition : l’exposition est temporaire, et sa durée comme son itinéraire changent d’une ville à l’autre.

Ces géantes de rue n’ont rien à voir avec les figurines d’intérieur. Vaches et Compagnie fabrique en Corrèze des vaches décoratives en papier pressé, décorées à la main. Une partie d’entre elles forme la collection « Les COWs artistiques », une autre échelle et un autre usage.

Qui décore chaque vache ?

Une Cow Parade n’est jamais l’œuvre d’un seul artiste. Une même édition peut réunir des peintres, des illustrateurs, des sculpteurs et des designers. Selon les règles locales, ils sont retenus après un appel à projets ou choisis directement par le propriétaire d’une sculpture.

Une fois le support confié, la vache se transforme bien au-delà d’un coup de pinceau. Les artistes peuvent combiner peinture, collage, mosaïque, miroirs ou ajout de volumes. À l’échelle d’une table de salon, les kits créatifs pour créer sa vache proposés par Vaches et Compagnie reprennent ce goût du mélange des techniques.

Côté motifs, la liberté est large : décors abstraits, clins d’œil humoristiques ou références à la culture locale. Chaque vache raconte ainsi un peu de sa ville. Parmi ses figurines décorées à la main, Vaches et Compagnie propose aussi la vache décorative « la COWloriste », inspirée de la couleur et de la peinture.

Comment une édition est-elle organisée ?

Une édition réunit généralement un organisateur local, des artistes, des partenaires, des propriétaires de sculptures et une ville d’accueil. Un partenaire peut financer une vache et participer au choix de l’artiste qui la décorera. Le support est le plus souvent en fibre de verre : selon Guinness World Records, les vaches de Zurich en 1998 mesuraient environ 2,40 m de long et 1,40 m de haut, pour environ 45 kg.

Exposer de tels volumes dans la rue suppose aussi des précautions de sécurité. Les éléments ajoutés doivent rester solidement fixés, et le cahier des charges marseillais de 2007 tenait compte de la stabilité des œuvres et de la sécurité du public. En France, l’article L2122-1 du Code général de la propriété des personnes publiques exige un titre d’occupation du domaine public. Une exposition gratuite ou caritative n’en est pas automatiquement dispensée.

D’où vient la CowParade ?

Le concept est né en Suisse avant de traverser l’Atlantique, puis de revenir en Europe sous d’autres noms. À chaque étape, de nouveaux artistes s’approprient le même support bovin.

Une sculpture de vache blanche décorée de personnages colorés est exposée sur un socle.

Les débuts à Zurich

L’histoire de la CowParade commence à Zurich en 1998, avec 815 vaches grandeur nature en fibre de verre installées dans l’espace public. Les repères de cette édition fondatrice :

  • Un nom : « Land in Sicht », c’est-à-dire « Terre en vue ».
  • Un objectif : promouvoir à la fois les arts et le commerce du centre-ville.
  • Des créateurs multiples : chaque vache est décorée par un artiste différent.

Le concept s’étend ensuite à d’autres villes, jusqu’aux États-Unis.

La diffusion à Chicago et à New York

Chicago accueille la première édition américaine en 1999, sous le nom « Cows on Parade ». Les sources historiques évoquent environ 300 à 350 vaches, sans décompte concordant.

Le succès est COWlossal. Selon les estimations des autorités de Chicago rapportées en novembre 1999, l’événement aurait attiré 2 millions de touristes. National Geographic indique de son côté qu’il a permis de collecter environ 3 millions de dollars américains pour des œuvres caritatives.

New York prend le relais en 2000 et expose 500 vaches dans ses cinq arrondissements. Selon des communiqués municipaux, 75 sculptures sont mises aux enchères le 28 septembre 2000, au profit de six associations locales.

Les éditions organisées en France

À Paris, l’édition « Vach’Art » de 2006 annonçait 110 vaches grandeur nature sur un parcours allant de Bercy à La Défense. Marseille suit en 2007. Selon l’office de tourisme, certaines de ses sculptures sont restées visibles dans l’espace public après l’événement.

D’autres villes ont suivi. Selon un rapport, Bordeaux expose 58 vaches du 7 juin au 14 septembre 2010, notamment dans des jardins et sur des places. Toulouse accueille une édition en 2012. Du 4 juillet au 24 août 2019, une déclinaison organisée à Honfleur associe des artistes plasticiens et des personnalités de la musique autour de créations inspirées d’œuvres musicales.

Que deviennent les vaches après l’exposition ?

Une fois le parcours terminé, les vaches quittent la rue. Beaucoup d’éditions organisent alors une vente, et ses règles changent d’une ville à l’autre.

Une sculpture de vache ornée du portrait d’une fillette est exposée dans une galerie.

Des ventes aux enchères selon les éditions

Après l’exposition, certaines sculptures peuvent être vendues aux enchères au profit de causes caritatives choisies localement. Toutes ne sont pas nécessairement mises en vente. Une vente fait intervenir trois montants à bien distinguer :

  • Le prix d’adjudication : la somme proposée par le dernier enchérisseur.
  • Les frais de vente : ils sont prélevés sur le produit de la vente.
  • La somme reversée : la part qui revient réellement aux bénéficiaires, pas forcément la totalité.

Paris en donne un exemple. Selon le quotidien cité, la vente de 60 vaches en 2006 a rapporté 1 270 500 €. Une sculpture de René-Marc Page y a été adjugée 71 000 €. Ces montants ne correspondent pas aux versements nets reçus par les bénéficiaires.

Des bénéficiaires et des modalités locales

La répartition du produit varie selon l’édition. À Marseille en 2007, le dossier prévoyait ce partage :

Destinataire Part du produit de la vente
Association bénéficiaire 50 %
Propriétaire de la sculpture 25 %
Organisation 25 %

D’autres villes ont choisi d’autres causes. À Bordeaux, une vente était prévue fin septembre 2010 au profit d’une banque alimentaire locale, qui devait recevoir la moitié des bénéfices. Selon l’article cité, la vente de Toulouse en 2012 a rapporté 198 600 € destinés à quatre associations. À Honfleur, la vente annoncée le 24 août 2019 devait financer l’entretien et l’embellissement du jardin qui accueillait l’exposition.

Foire aux questions

Qui a imaginé les vaches de la CowParade ?

Chaque vache est l’œuvre d’un artiste différent : la CowParade n’appartient pas à un créateur unique. Pour le concept zurichois, les sources divergent. Un rapport documentaire cite Beat Seeberger-Quin, tandis qu’un autre attribue la conception artistique à Walter Knapp et les formes en fibre de verre à Pascal Knapp.

La CowParade a-t-elle lieu chaque année ?

Non, aucun calendrier fixe ne s’applique partout. Chaque édition dépend d’un projet et d’un organisateur local. L’exposition reste temporaire, et sa durée comme son parcours varient d’une ville à l’autre.

Combien de villes et d’artistes la CowParade a-t-elle réunis dans le monde ?

Une présentation institutionnelle européenne annonce plus de 100 événements dans plus de 80 villes, avec 10 000 artistes et plus de 8 000 vaches uniques. Une présentation américaine, sur un autre périmètre, avance plus de 100 villes et plus de 15 000 artistes. Elle cite aussi plus de 7 000 vaches et plus de 40 millions de dollars collectés. Ces deux séries de chiffres ne se comparent pas directement.