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Les vaches de Corrèze portent presque toutes la même robe couleur blé, celle de la limousine. Race allaitante au long passé, elle vit à l’herbe sur le plateau de Millevaches et donne des veaux sous la mère, dont certains peuvent porter l’IGP « Veau du Limousin ».

La limousine, vache emblématique de la Corrèze

En Corrèze, la Limousine domine les prairies. Elle se reconnaît à sa robe et s’explique par son histoire. Sa sélection, elle, porte la marque d’un travail mené depuis plus d’un siècle.

Une race allaitante reconnaissable

La race bovine limousine est une race allaitante française : elle est élevée surtout pour la viande et pour ses veaux, qu’elle nourrit elle-même. Son berceau historique se partage entre la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne. La vache limousine se remarque à sa robe froment vif, plus claire autour des yeux et du mufle.

Cette robe la distingue sans hésitation de la Charolaise, autre race allaitante française, connue pour son pelage blanc. Depuis son berceau, la race limousine a beaucoup voyagé. Elle est présente dans environ 80 départements français et utilisée en race pure ou en croisement dans plus de 80 pays. Elle est aussi la race allaitante la plus présente en Nouvelle-Aquitaine, et la deuxième de France.

Du travail agricole au symbole local

Au XVIIe siècle, les bœufs limousins servaient d’abord aux travaux des champs : leur musculature et leurs aplombs, c’est-à-dire la bonne position des membres, en faisaient de solides travailleurs. Une fois leur carrière terminée, ils étaient acheminés vers les grandes villes pour la consommation.

La mécanisation a ensuite remplacé une partie de ces bœufs, sans faire fortement baisser les effectifs. Le cheptel régional a progressé tout au long du XXe siècle, puis la race s’est développée comme race bouchère à partir des années 1960. Sa silhouette inspire aussi l’atelier de Vaches et Compagnie, où l’on façonne à la main en Corrèze des trophées muraux de vaches décoratives. On y trouve notamment l’Érudite, une vache au caractère studieux, ou encore le trophée COWvid, qui associe papier pressé, papier décoratif collé, bois et feutrine.

La sélection des animaux

La sélection de la Limousine cherche à réunir des aptitudes bouchères et des qualités maternelles : fertilité, vêlage et allaitement. La race a la réputation de vêler facilement, mais cela ne garantit pas que chaque naissance se passe sans difficulté. Créé en 1886, le Herd-Book Limousin suit la généalogie des animaux et certifie des reproducteurs de race pure. Cette certification porte sur les animaux, pas sur leur viande. Un taureau reproducteur limousin peut servir en monte naturelle ou par insémination. Depuis 1984-1985, une station nationale évalue certains jeunes mâles candidats à la reproduction, mais tous les taureaux n’y passent pas.

Combien de vaches compte le département aujourd’hui ?

Les chiffres officiels montrent l’importance des vaches en Corrèze et l’évolution récente des exploitations. Ils montrent aussi un léger recul des effectifs sur un an.

Les effectifs récents

Au 1er janvier 2026, la Corrèze comptait 114 635 vaches. Sur un an, tous les effectifs reculaient :

  • Vaches allaitantes : 107 930 têtes, en baisse de 0,8 %.
  • Vaches laitières : 6 705 têtes, en baisse de 2,7 %.
  • Ensemble du cheptel de vaches : une baisse de 0,9 % sur un an.

Si l’on élargit à tous les bovins, la Chambre d’agriculture de la Corrèze en recensait 260 271 au 1er janvier 2024, répartis dans 2 390 exploitations. Ce total comprend aussi les veaux, les génisses, les taureaux et les bœufs. La race limousine représentait 86 % de ces bovins.

Indicateur Valeur Date
Vaches au total 114 635 1er janvier 2026
Vaches allaitantes 107 930 1er janvier 2026
Vaches laitières 6 705 1er janvier 2026
Bovins, toutes catégories 260 271 1er janvier 2024
Exploitations détenant des bovins 2 390 1er janvier 2024
Part de la race limousine 86 % 1er janvier 2024

Dans ce tableau, la différence entre les vaches allaitantes et les vaches laitières est très nette : en Corrèze, l’élevage est avant tout un élevage de vaches à viande.

Le recul du nombre d’exploitations

En 2020, selon le recensement agricole 2020 de la Corrèze publié par la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, 2 588 exploitations détenaient des bovins. Elles en élevaient 273 595 au total. Parmi eux, on comptait 124 250 vaches allaitantes et 7 242 vaches laitières.

Le nombre d’exploitations, lui, a nettement baissé en dix ans. Toujours selon la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, la Corrèze comptait 3 998 exploitations agricoles en 2020, contre 5 202 en 2010.

Parmi elles, 1 983 relevaient en 2020 de l’orientation « bovins viande », c’est-à-dire les fermes dont l’activité principale est la production de bovins à viande. Cette catégorie est donc plus étroite que l’ensemble des exploitations qui détiennent des bovins.

La diversité des fermes bovines

D’après des données départementales, une exploitation bovine corrézienne détenait en moyenne 50 vaches. À l’inverse, les 20 % d’exploitations qui en avaient plus de 80 rassemblaient 47 % des effectifs. Les élevages sont donc de tailles très différentes.

Les surfaces, elles, augmentent. D’après le recensement agricole de 2020, une exploitation corrézienne exploitait en moyenne 57 hectares, soit 29 % de plus qu’en 2010. À l’échelle régionale, 86 % des bovins de Nouvelle-Aquitaine étaient de type viande au 1er janvier 2019 : ce chiffre ne correspond pas à la part de la race limousine dans le troupeau.

Le plateau de Millevaches et l’élevage à l’herbe

Pour comprendre les vaches de Corrèze, il faut regarder leurs prairies. Le relief, l’herbe et le climat décident en grande partie de leur alimentation au fil de l’année.

Un territoire de prairies

La Corrèze se trouve dans la partie ouest du Massif central. Son relief réunit le plateau de Millevaches, les gorges de la Dordogne et de nombreuses vallées. Le plateau s’étend en Haute-Corrèze et dans la Creuse. Selon son Parc naturel régional, 83 % de la surface agricole du parc est toujours en herbe, une proportion qui ne vaut pas pour tout le département.

Aujourd’hui, le plateau accueille l’élevage de la vache limousine. Une limousine reste toutefois définie par sa race, pas par l’endroit où elle vit. Le passé du plateau n’a d’ailleurs pas toujours été bovin : avant les années 1950, les petits troupeaux de brebis y dominaient, selon le Parc naturel régional.

Pâturage, fauche et réserves fourragères

Dans tout le département, l’herbe occupe l’essentiel des terres. En 2020, la Corrèze comptait 227 241 hectares de surface agricole utilisée. Selon la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, 205 540 hectares étaient des prairies.

Dans ces élevages herbagers, les mères pâturent, puis reçoivent des fourrages conservés quand l’herbe ne suffit plus. Les vaches ne restent donc pas forcément dehors toute l’année. L’éleveur doit gérer ses parcelles, la fauche et ses stocks de fourrage. Il adapte ensuite l’affouragement, c’est-à-dire le fourrage distribué, à la météo, à la portance des sols et aux besoins de ses animaux.

Les variations de la pousse de l’herbe

Ces stocks comptent beaucoup, car la pousse de l’herbe change d’une année à l’autre. En Corrèze, le rendement des prairies en 2025 était inférieur de 8 à 10 % à la référence, selon la DRAAF Nouvelle-Aquitaine. En Nouvelle-Aquitaine, le printemps 2025 dépassait la référence de 3 %, mais l’automne lui était inférieur de 27 %.

Pendant cet automne difficile, 95 % des éleveurs concernés ont apporté du fourrage aux animaux dans les champs. En Corrèze, ces apports représentaient 23 % de la production d’herbe de l’automne, toujours selon la DRAAF Nouvelle-Aquitaine.

Des veaux sous la mère à l’IGP « Veau du Limousin »

Dans les élevages allaitants, chaque veau naît et grandit auprès de sa mère. Il est ensuite vendu de différentes manières selon la façon dont il a été élevé. Le veau sous la mère, lui, peut entrer dans une IGP, une indication géographique protégée encadrée par des règles précises.

Une figurine de vache blanche décorée pour Noël est posée sur une cheminée, près d’une bougie allumée.

Le veau sous la mère et le broutard

Le veau sous la mère est élevé de façon traditionnelle : il tète directement au pis, en général le matin et le soir. Cet élevage demande du temps et une surveillance régulière.

Le broutard suit une autre voie : en plus du lait de sa mère, il mange peu à peu de l’herbe et des aliments solides. Les deux productions se distinguent ainsi :

  • Alimentation du veau sous la mère : tétées au pis, matin et soir.
  • Alimentation du broutard : du lait maternel, puis de plus en plus d’herbe et d’aliments solides.
  • Travail de l’éleveur : il est plus important pour le veau sous la mère, qui doit être conduit à la tétée et surveillé.

La production de veaux de lait diminue nettement en Corrèze. Selon des données départementales, le département en a produit 13 000 en 2023, soit 38 % de moins qu’il y a cinq ans.

L’origine et les conditions d’élevage

Selon l’INAO, l’IGP « Veau du Limousin » est reconnue depuis 1996. Elle protège un produit conforme à un cahier des charges, et non tous les veaux nés d’une vache limousine. Le cahier des charges publié le 20 novembre 2025 accepte aussi certains types de races et certains croisements.

L’aire de l’IGP couvre toutes les communes de la Corrèze, ainsi que d’autres territoires. Le veau doit naître et être élevé dans une même exploitation située dans cette aire. Les mères, et les vaches qui allaitent d’autres veaux, doivent pâturer au moins 6 mois par an. Au moins 70 % de leur alimentation, calculée en matière sèche sur l’année, doit venir de l’exploitation.

Ce que garantit le cahier des charges

Le veau IGP tète au pis jusqu’à son départ pour l’abattoir. Sur toute sa vie, ces tétées représentent au moins 85 % de son alimentation en matière sèche. Il n’a pas accès à l’auge, c’est-à-dire à une mangeoire. Un aliment complémentaire n’est autorisé qu’en fin d’élevage, à partir de 45 jours, dans la limite moyenne de 50 kg de matière sèche par veau IGP de l’exploitation.

Le veau doit être abattu entre 91 et 168 jours, avec une carcasse de 85 à 175 kg. Celle-ci doit être classée E, U ou R pour la conformation, et 2 ou 3 pour l’engraissement. La viande crue doit être de couleur blanche à rosée. Aucun antibiotique ne doit être donné dans les deux mois précédant l’abattage. Si un traitement est nécessaire, l’abattage est repoussé ou le veau n’est pas vendu sous IGP, en plus du délai d’attente prévu pour le médicament. La traçabilité du cahier des charges IGP relie l’animal, la carcasse et les produits vendus, de l’éleveur jusqu’aux ateliers en passant par l’abattoir. Au-delà de 200 km de transport, le transporteur doit garder des justificatifs spécifiques. Une carcasse qui ne respecte pas les critères ou dont la traçabilité est insuffisante ne peut pas porter l’IGP. Le Label Rouge, lui, dépend d’un autre cahier des charges.

Foire aux questions

Quelle est la situation de l’agriculture en Corrèze ?

Le nombre d’exploitations baisse : selon la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, la Corrèze en comptait 3 998 en 2020, contre 5 202 en 2010. L’agriculture du département ne se limite pas aux vaches limousines. On y trouve aussi des cultures fruitières, d’autres élevages et des activités de transformation.

Qu’est-ce qui a changé récemment dans l’IGP « Veau du Limousin » ?

Une modification approuvée en 2025, puis publiée au niveau européen le 16 mars 2026, a relevé le poids maximal de la carcasse de 150 kg à 175 kg. Elle a aussi fait passer l’âge maximal à l’abattage de 5 mois à 5 mois et demi.

Quelles conditions climatiques les éleveurs corréziens ont-ils connues en 2026 ?

En septembre 2026, la température régionale dépassait les normales de +3,2 °C, selon la DRAAF Nouvelle-Aquitaine. Les pluies étaient très insuffisantes en Corrèze et en Haute-Vienne. À Brive, il est tombé 896,2 mm d’octobre 2025 à septembre 2026, soit 7,7 mm de moins que la normale 1991-2020.